La raison la plus importante pour laquelle la pleine conscience est devenue une intervention courante pour promouvoir la santé – en plus d’un mode de vie populaire – est probablement la l’augmentation fulgurante des recherches scientifiques sur la pleine conscience au cours des dix dernières années. Ce qui suit est un aperçu de quelques-uns des résultats les plus intéressants et surprenants dans ce domaine de recherche.

 

Neuroplasticité

De récents progrès en psychologie et en neuroscience ont démontré que la santé mentale, le bien-être et l’équilibre émotionnel sont des aptitudes que l’on peut développer par la pratique.

Plus récemment,  cette hypothèse a été confirmé par des neuroscientifiques. La neuroplasticité est l’idée que le cerveau est un organe d’expérience qui évolue constamment et se remodèle pour s’adapter aux exigences de la vie quotidienne. Avant ce changement de paradigme, les chercheurs considéraient le cerveau comme relativement fixe. Maintenant, de nombreuses preuves attestent que la structure et le fonctionnement du cerveau changent en fonction de ce que nous faisons.

Disons que vous voulez apprendre à jongler, vous devrez répéter inlassablement les gestes jusqu’à ce qu’ils deviennent un automatisme. Le développement de cette habileté entraîne des changements structuraux et fonctionnels dans le cortex moteur, une structure de la couche supérieure du cerveau, près du dessus de la tête, qui contrôle les mouvements du corps. Une étude intéressante explique que les chauffeurs de taxi de Londres possèdent un hippocampe plus gros que la moyenne. L’hippocampe est une structure du cerveau qui emmagasine les cartes spatiales. Londres est une grande ville aux ramifications complexes, et les chauffeurs doivent la connaître sur le bout de leurs doigts. Les chauffeurs font continuellement appel à leurs cartes spatiales pour naviguer dans la ville et leur hippocampe devient plus volumineux.

 

Le cerveau change avec la pratique de la pleine conscience

La neuroplasticité présente un attrait particulier pour ceux d’entre nous qui veulent améliorer leur santé mentale, leur bien-être et leur rendement. Il y a 15 ans, une étude d’imagerie cérébrale de moines bouddhistes a révélé des différences mesurables entre les cerveaux des moines et ceux de personnes d’origine occidentale suggérant que des milliers d’heures de pratique de la méditation pouvaient vraiment changer notre façon voir la vie. Lors de ces tests, un moine méditait sur la compassion dans le scanneur. À titre d’exemple, un moine méditait dans le scanner et les chercheurs ont enregistré une activité cérébrale 30 fois supérieure à tout ce qui avait été capté jusqu’alors au moyen de cette technologie.

Une étude de suivi a démontré que les différences dans le cerveau des moines ne dépendent pas uniquement de leur style de vie particulier : vivre dans la jungle, sans emploi, sans famille ou sans hypothèque. Des modifications de la structure et du fonctionnement du cerveau ont été observées chez des gens ordinaires ayant suivi une formation de huit semaines appelée Réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR), qui fait appel à la pratique quotidienne de la méditation. Il a été démontré que grâce à cette pratique, l’amygdale, une structure du cerveau qui traite la peur et l’anxiété, rétrécit. Les lobes frontaux, responsables de la pensée, de la planification et de la résolution de problème s’épaississent. Le lobe insulaire, qui agit sur la conscience de soi, se développe lui aussi.

Les avantages de la méditation pleine conscience se manifestent également dans d’autres aspects de notre constitution physiologique. La méditation peut améliorer l’efficacité de notre système immunitaire, réduire de façon importante le cortisol, une hormone du stress, et réduire l’inflammation dans le corps.

 

Être dans le moment présent

L’une des premières choses que vous apprenez lorsque vous amorcez une formation sur la pleine conscience, c’est à quel point nous pouvons être inconscients. En fait, une recherche d’Harvard a pu démontrer que notre esprit s’écarte du moment présent environ la moitié du temps! Cela veut dire que nous ne sommes pas pleinement présents à nos vies environ la moitié du temp. L’esprit qui vagabonde semble être l’état par défaut de notre cerveau; le circuit du cerveau qui est actif lorsque notre esprit vagabonde se nomme le « réseau du mode par défaut » puisqu’il s’active lorsque nous ne sommes pas engagés dans une tâche en particulier. La bonne nouvelle, c’est que la pratique de la méditation pleine conscience semble diminuer l’activation de ce réseau. Cela corrobore le témoignage que l’on entend souvent selon lequel les gens se sentent plus centrés et présents lorsqu’ils commencent à méditer.

La pleine conscience et le bien-être

Cette amélioration de la capacité de se concentrer génère des avantages de la pratique de la méditation pleine conscience d’un niveau encore plus élevé. Les gens qui pratiquent la méditation pleine conscience ont tendance à moins se laisser emporter par les tracas et les ruminations; ce qui contribue à une meilleure humeur et à plus de résilience. Les adeptes de la méditation font souvent preuve de plus de perspicacité et d’innovation parce qu’ils se trouvent moins embourbés dans des façons de penser habituelles. Ils se laissent en général moins aller à de mauvaises habitudes parce qu’ils ont un meilleur contrôle de leurs impulsions. Leurs relations gagnent souvent en qualité et en authenticité parce qu’ils sont plus présents et manifestent davantage de compassion.

 

L’impact du multitâche

La concentration que procure la méditation pleine conscience rend les gens plus productifs au travail. Elle aide à se défaire d’une mauvaise habitude du multitâche qui est extrêmement répandue dans le milieu de travail branché et toujours en connexion. Des recherches en laboratoire ont démontré que lorsque des gens effectuent plusieurs tâches en même temps, ils prennent en fait plus de temps et commettent plus d’erreurs que ceux qui font les mêmes tâches une à la fois. En fait, le multitâche est une illusion. Alors que nous avons l’impression de porter attention à deux choses ou plus à la fois, notre cerveau passe en réalité rapidement d’une tâche à l’autre, sous le niveau de conscience. Ce changement constant d’attention a un prix : 1) il faut plus de temps pour se réengager à la tâche mise de côté pour aller vers une autre tâche ; 2) cela nous rend plus enclins à l’erreur; 3) cela est exigeant du point de vue cognitif et épuise notre énergie mentale plus rapidement; 4) l’expérience de travail s’en trouve plus stressante et fragmentée. Enfin, pour couronner le tout, le fait d’accomplir plusieurs tâches en même temps déclenche la sécrétion d’adrénaline et de dopamine, ce qui nous donne l’impression de vivre une expérience excitante et valorisante (« voyez tout ce que je peux accomplir en si peu de temps! »). C’est ce cocktail neurochimique qui fait qu’il est si difficile de se défaire de cette habitude.

 

Être en accord avec nos valeurs

Fondamentalement, la pleine conscience aide à cultiver une meilleure conscience de soi. Cette conscience nous nous permet de réaliser lorsque que nous fonctionnons sur le pilote automatique et de remarquer les conséquences qu’entraîne le fait de ne pas être pleinement présent. Nous avons alors la capacité de penser et d’agir plus délibérée, d’une manière plus conforme à nos priorités les plus importantes et à nos valeurs les plus profondes.